« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

samedi 23 septembre 2017

Père Onésime Lacouture - 2-21 - Les paraboles de la miséricorde


VINGTIÈME INSTRUCTION
LES PARABOLES DE LA MISÉRICORDE.

«Les Pharisiens dirent à ses disciples.  Pourquoi votre Maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs?  Mais, Jésus les ayant entendu, leur dit: Le médecin n’est pas nécessaire à ceux qui se portent bien, mais aux malades.  Allez donc et apprenez ce que veut dire: Je veux la miséricorde et non le sacrifice.  Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.» Mt.  9-13

Plan Son importance.  1e parabole: La Brebis perdue Luc 15.  2e parabole: La Drachme perdue Luc 15.  3e parabole:
L’Enfant perdu Luc 15.  4e parabole: Le Bon Samaritain Luc
10. 5e parabole: La Sanction: Le Serviteur sans pitié Mt.  18-23.

SON IMPORTANCE.  La miséricorde est une tendre compassion pour les pécheurs qui incline Dieu à leur pardonner leurs péchés quand ils regrettent leurs péchés.  Comme nous sommes tous pécheurs nous avons absolument besoin de la miséricorde divine pour être sauvés.  Il est donc important de l’étudier pour mieux connaître ses exigences tout en étant infinie.  Dieu n’a pas coutume de jeter ses perfections à ceux qui n’en veulent pas: Jésus dit qu’on ne jette pas des perles aux chiens, à plus forte raison Dieu ne jettera pas sa miséricorde sans certaine condition dans les pécheurs.  On dit qu’elle est infinie: c’est vrai, mais c’est en elle-même.  Ses effets en nous sont limités et par notre condition de créature limitée et par nos dispositions libres plus ou moins bonnes ou aptes à recevoir la miséricorde.  Nous pouvons abuser de la miséricorde comme de toutes les autres perfections de Dieu.  Ainsi, quand on sépare la miséricorde de la justice divine, on fait la même erreur que les jansénistes qui isolaient la justice de la miséricorde.  Les conséquences désastreuses sont aussi grandes dans un cas que dans l’autre.  Ainsi, à la rigueur des jansénistes on voit apparaître dans plusieurs pays un laxisme aussi traître que la rigueur des jansénistes; on est allé d’un excès à l’autre.  En France et aux Etats-Unis, on ne parle plus pratiquement de la justice divine: ce n’est que la miséricorde qui règne dans l’enseignement et dans la prédication en général.  On parle toujours de la bonté de Jésus, de sa miséricorde pour les pécheurs.  On va jusqu’à abandonner en pratique la prédication de l’enfer.  On n’en veut plus!  Moi-même j’ai missionné avec un missionnaire qui n’y croyait plus du tout!  C’est une exception sans doute; il avait le front de me le dire; combien agissent comme lui.  Est-ce qu’on y croit vraiment quand on ne veut plus le prêcher?  C’est rendu si loin aux Etats-Unis que le peuple même proteste énergiquement si un missionnaire a le front de donner un sermon sur l’enfer… et les curés auront soin de l’avertir qu’on évite ce sujet de nos jours!… et on l’évite!  Tous ces prêtres font donc avec la miséricorde ce que les jansénistes ont fait avec la justice divine.  C’est un abus criant et une erreur dans la foi.

Remarquons bien que la miséricorde agit quand on revient à Dieu!  Quand on regrette sincèrement ses péchés, et quand on a fini de pécher dans son coeur et donc qu’on ne veut plus jamais pécher.  C’est alors que la miséricorde se penche sur les pécheurs en proportion qu’ils sont bien disposés… et que la contrition est réelle dans le coeur!  Il faut insister sur ces dispositions concrètes surtout de nos jours.  Voici pourquoi.  C’est que les démons ont semé leur ivraie perfide dans le repentir comme partout ailleurs.  Leur diabolique philosophie qui ne parle des choses qu’en elles mêmes et donc d’une façon abstraite s’applique au sacrement de pénitence aussi.  Ils expliquent le sacrement «in se», par exemple, du moment qu’on accuse ses péchés, qu’on dit son acte de contrition, et qu’on récite sa pénitence, tout est fini!  L’âme est blanche comme de la neige d’écarlate qu’elle était avant.  Puis l’on voit nos missionnaires arriver avec leur zèle pour rendre la confession facile; ils facilitent tellement les choses que ce n’est plus qu’une formalité.  Les prêtres séculiers-philosophes sont entrés dans la partie avec le sacrement abstrait, exposant tout ce que Dieu peut faire dans le confessionnal, comme si les pénitents n’avaient plus rien à faire que de se laisser faire.  En tout cas, c’est bien passé chez les fidèles.  Quelle pitié dans les confessions!  On vient simplement se débarrasser d’une charge de péchés de temps à autre… pas avec l’idée même d’arrêter, mais simplement croyant que chaque confession liquide automatiquement tout le passé et donc qu’ils peuvent continuer ainsi jusqu’à la mort.  Là, du moment qu’ils auront un prêtre, tout est sauf!  Voilà «in se» ce que le sacrement peut faire.  Comme les gens pèchent facilement!  Comme ils se confessent cavalièrement!  On peut s’en convaincre en essayant de prendre des moyens pour les arrêter de pécher.  On ne les revoit plus!  On passe pour sévère et janséniste; on ne veut plus qu’ils pèchent… c’est absurde pour eux!  et ils vont à n’importe quel autre prêtre qui va régler son cas facilement… pour ne pas l’éloigner du confessionnal!  et il se félicite d’avoir un coeur miséricordieux comme Jésus… et il s’endort sur ce fameux principe qu’on fait circuler dans ces pays à la miséricorde: «on ne peut pas exagérer la miséricorde du bon Dieu!»… en ellemême?  Je le concède; en nous, ce n’est pas vrai!  On peut l’exagérer… comme la très grande masse des prêtres le font actuellement.  Cette maudite philosophie de la religion en est responsable!  Cette théologie païenne des diaboliques «in se» contrôle le sacrement de pénitence comme elle domine dans tout le reste de la religion naturelle que l’on donne actuellement au monde.  C’est ce qui explique la mentalité païenne et naturelle de la masse des prêtres et des religieux dans le monde entier.  On peut donc abuser de la miséricorde de Dieu!  L’Ecriture est remplie de textes qui proclament la miséricorde de Dieu.  En voici quelques-uns:
Ps.  103: «Mon âme bénis Yahweh et n’oublie pas ses nombreux bienfaits.  C’est lui qui pardonne toutes les iniquités, qui guérit toutes les maladies; c’est lui qui délivre ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de miséricorde… Yahweh est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté.  Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande envers ceux qui le craignent… Comme un père a compassion de ses enfants, Yahweh a compassion de ceux qui le craignent, car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussières…» Remarquons l’expression: Il est miséricordieux à ceux qui le craignent!  il n’est pas dit à ceux qui continuent de l’offenser!  Luc 1-50: «Sa miséricorde s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent!» Remarquons encore pour qui il est miséricordieux: pour ceux qui le craignent!  Donc qui ne pèchent plus.  Ce n’est pas d’une façon arbitraire que Jésus prend ses sujets de paraboles, car il a créé ce monde précisément pour illustrer le monde de Dieu; c’est donc l’esprit de Dieu ou la manière de faire de Dieu que l’on retrouve dans la façon d’agir des personnes dans ces paraboles.  Ce sont des échantillons des sentiments de Dieu qu’il a mis au coeur des hommes pour nous faire connaître ses propres sentiments.  Peu importe la simplicité de l’exemple ou son insignifiance; il suffit pour nous donner une idée de ce que Dieu pense.  Ainsi on peut se faire une idée du soleil qui se réfléchit dans une goutte d’eau.  Jésus prend des exemples dans la vie commune et quotidienne des gens à qui il prêche.  Quel modèle pour nos prédicateurs!  On ne trouve jamais Jésus restant dans la stratosphère de l’abstrait et des «in se».  Il vit à terre avec les gens qu’il veut instruire.  Ainsi il va se servir de trois exemples dans la vie vulgaire du petit peuple ordinaire pour illustrer la miséricorde de Dieu et la joie au ciel du retour des pécheurs à Dieu: une brebis, une pièce de monnaie et un pécheur ou un homme.  la brebis perdue.  «Qui de vous ayant cent brebis, s’il en perd une ne laisse pas là les 99 autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée?  Et quand il l’a retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules et de retour à la maison, il assemble ses amis et ses voisins et leur dit: Réjouissez-vous avec moi parce que j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue.» «Ainsi je vous le dis il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentir.» Il faut donc savoir que dans ce pays les troupeaux sont à peu près la vie du peuple qui est bien pauvre et naturellement qui estiment leurs troupeaux, leur seul moyen de vivre.  Les bergers les connaissent, les aiment et en ont bien soin.  Une brebis vaut beaucoup pour ces pauvres aussi quand une se perd, ils vont la chercher.  Alors c’est une vraie joie dans la famille et chez les voisins à qui ils ont raconté leur perte.

Dans l’ordre surnaturel les fidèles sont aussi impuissants, aussi sans dessein et aussi insouciants que des brebis le sont.  Elles sont à la merci de n’importe quelle bête sauvage et absolument incapables de se défendre contre leurs ennemis.  Eh bien, les hommes sont justement tout cela.  Un pécheur est absolument incapable de revenir à Dieu par lui-même.  «Sans moi, vous ne pouvez rien.» Il faut donc que Dieu aille le chercher lui-même, ce qu’il fait par ses prêtres surtout, par les événements et par toutes sortes d’épreuves pour le faire réfléchir.  Puis il mettra sur son chemin des amis et des prêtres qui essaieront de lui ouvrir les yeux pour le faire revenir à Dieu.  En arrière de ces instruments de sa miséricorde, il y a sa grâce qui est offerte au pécheur.  Elle excitera des remords de conscience; s’il veut bien les écouter, il reviendra à Dieu.  Plus le berger a eu de misère à retrouver sa brebis perdue et plus il est content quand il l’a ramenée au bercail.  On a de la peine à perdre une chose en proportion du prix qu’elle nous a coûté, la joie de la recouvrer est en proportion de ce prix qu’on a payé et de l’amour qu’on a pour cette chose, qu’on a montré dans la patience à la chercher.  Eh bien!  voyons maintenant ce que Notre suprême Pasteur a fait pour nous, ses brebis perdues à tout jamais par le péché.  Jésus a pris la peine de descendre du ciel pour venir se faire homme pour nous, prenant la forme de l’esclave de Souverain Maître qu’il était au ciel et sur la terre!  Il a été persécuté, a souffert une passion terrible et a été crucifié pour nous sauver!  Pour nous avoir avec lui au ciel.  Si nous prenions le temps de réfléchir sur ce que nous lui avons coûté, nous comprendrions mieux sa joie au ciel quand un pécheur revient à lui.  On sait quel zèle Jésus a montré pendant sa vie publique pour aller chercher les pécheurs.  C’est justement le reproche que les pharisiens lui font, d’être toujours avec les pécheurs.  C’est alors qu’il leur dit que ce sont les malades qui ont besoin du médecin et qu’il est venu précisément pour appeler les pécheurs à la vie divine!  Que de fois l’Ecriture dit qu’il manquait ses repas avec ses disciples tant il était occupé à discuter avec les pharisiens et à enseigner sa doctrine pour gagner les gens.  Il dit qu’il est le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, qu’il les connaît par leur nom, qu’il leur trouve des pâturages et qu’il les défend de leurs ennemis.

Voilà le modèle des prêtres et d’une certaine façon de tout chrétien.  Jésus a choisi les prêtres pour continuer son oeuvre sur la terre et nous savons qu’il veut que nous soyons tous une seule chose avec lui.  Pour cela il faut donc vivre comme lui en tout, autant que nous le pouvons avec sa grâce.  Donc un prêtre, comme dit St-Paul, doit être un autre Christ de toutes les façons possibles.  Comme Jésus a laissé son ciel pour courir après nous, que les prêtres laissent leurs beaux presbytères pour aller à la recherche de leurs brebis perdues.  Avec tact et avec patience, qu’ils aillent les voir pour les gagner à Jésus-Christ.  Voici un bon conseil à ce sujet.  Il ne faut pas y aller en son propre nom, car alors on se froisse de leur mauvais accueil, ou de leurs insultes ou de leur insouciance.  Le mieux est de se présenter au nom de Jésus-Christ tout de suite et qu’on s’efface soi-même complètement.  Comme un collecteur se présente au nom de sa Compagnie pour collecter une dette.  On est bien plus dégagé, plus indépendant, plus calme; on n’est que le commissionnaire de Jésus.  Quand ils nous disent des bêtises, nous leur disons simplement que nous ferons leur message au bon Dieu qui nous envoie les inviter au ciel, que s’ils ne veulent pas y aller, c’est leur affaire.  Plus on s’efface et plus Dieu agit par sa grâce.  On a beau être éloquent, être fin et habile tous nos arguments ne valent rien sans la grâce de Dieu.  Cette pensée qu’il ne faut pas oublier est de nature à nous garder dans l’humilité et ainsi attirer les bénédictions du ciel sur notre ministère.  La visite de la paroisse est trop officielle pour valoir beaucoup auprès des pécheurs, il faut d’autres visites.  Il y en a qu’on ne peut voir qu’à l’heure des repas, eh bien!  qu’on y aille pendant leurs repas!  et l’on prendra le sien quand on pourra.  Si on visite une famille où se cache une brebis perdue et qu’elle est sortie; alors les «formalistes» disent: Je suis allé pour le voir et il n’y était pas, qu’il s’arrange!  Ohé non, c’est à vous à l’arranger!  Trouvez-le, il faut lui parler personnellement.  On ne fait pas son devoir en donnant la commission à sa femme ou à une autre personne pour en parler au pécheur.  La brebis ne revient pas si un autre lui dit que son berger la veut!  Jamais elle ne bougera!  Il faut aller chercher ses pécheurs soi-même; c’est aux prêtres à y aller.  Combien jouent au golf ou vont à la chasse, ou à la pêche, pour se distraire du ministère.  Eh bien!  à l’avenir vous irez courir après vos brebis perdues et vous en avez assez que vous serez tellement fatigué que vous n’aurez pas envie d’aller jouer au golf ou d’aller à la chasse ou à la pêche.  St-Jean dit que de même que Jésus a donné sa vie pour nous, nous devons être prêts à donner notre vie pour le prochain.  Au moins soyons prêts à donner nos aises, nos loisirs, notre santé et notre temps.  Peu de prêtres vont au peuple comme on dit, peu vont à la recherche des pécheurs.  Les démons ont sûrement semé leur ivraie là afin de briser ce contact de berger avec les brebis.  Car ils font une seule chose.  Des brebis seules se perdent infailliblement.  Les chrétiens abandonnés par les prêtres se perdent infailliblement.  Les grâces leur arrivent par les prêtres et pas seulement quand ils leur donnent les sacrements, mais en les préservant de toute ivraie que les démons sèment parmi le peuple.  C’est aux prêtres à toujours surveiller ce qui fait du tort a la vie spirituelle des fidèles et à ce qui pourrait l’augmenter.  Il faut qu’ils les nourrissent d’une doctrine solide et divinisante comme le mépris des créatures et le renoncement à son jugement et à sa volonté.

Les démons ont si bien réussi à mettre un abîme entre les prêtres et les fidèles qu’il faut le signaler par des exemples que je connais personnellement.  Par exemple, en France, le clergé, en général, est toqué de cette abomination qu’il perd sa dignité en parlant à des gens du peuple.  Il n’y a pas un prêtre sur mille qui oserait, en France, parler à de pauvres gens sur la rue ou quand ils les rencontrent n’importe où.  Les démons leur ont mis cette maudite idée d’aristocratie dans la tête; ils sont au dessus du peuple et ce serait s’abaisser, se dégrader que de prendre contact avec les gens du peuple.  Est-ce étonnant que plus de trente millions (30 millions) de Français ne pratiquent pas du tout avec un clergé zélé mais aveuglé à ce point par les démons de l’orgueil.  Combien d’Américains ont été scandalisés de voir cette séparation entre le clergé et le peuple pendant leur séjour à la dernière guerre.  En Amérique, les prêtres sont démocrates, ils parlent à tout le monde, sont familiers avec leurs gens, c’est merveilleux!  Oui, mais, les démons sont en Amérique comme en France et ils sont aussi fins pour jouer les Américains que les autres races.  A quoi sert ce contact?  A rien du tout.  Nos prêtres américains parlent à tout le monde, mais des bagatelles du monde, des vues animées, des sports, de la bourse, et de tout sous le soleil… excepté de Dieu et de religion!  Le résultat n’est pas meilleur qu’en France.  Les autres pays d’après ce que j’ai pu voir et apprendre par des témoins fidèles, ce n’est guère mieux.  Le clergé ne s’occupe pas assez de ses fidèles qui lui sont confiés par Dieu.  Le prêtre devrait être plein de Dieu et des choses de Dieu et aller déverser le trop plein de son âme chez son peuple.  Ce n’est que lorsqu’il se présente comme venant du monde céleste qu’il captera l’attention et le coeur des coeurs.  Comme St.  J.  Baptiste venant du désert pouvait parler du royaume de Dieu avec autorité et avec fruit.  Mais nos «sports», qui viennent d’une joute quelconque ou qui en ont le coeur plein ne pourront pas donner le divin qui nourrirait les âmes qui leur ont été confiées et dont ils rendront un compte sévère à Dieu au jour du jugement.  Ce que je dis des prêtres, je le dis aussi des religieux.  Combien visitent leurs parents ou vont dans les familles et n’ont pas un mot de Dieu à leur laisser, ne leur font aucun bien, comme de vrais païens.  Quelle honte pour des prêtres et des religieux d’être tout aux choses du monde comme leur conversation le montre!  La bouche parle de l’abondance du coeur.  Quel aveuglement pour ces prêtres et ces religieux de croire qu’ils font leur devoir parce qu’ils sont familiers avec les gens du monde à la manière des gens du monde, parlant de toutes les bagatelles et les niaiseries du monde!… Les laïques aussi sont tenus selon le commandement de la charité de sauver leur prochain par les moyens à leur disposition.  C’est ce que les Papes ont appelé l’Action catholique.  Nous sommes tous frères et nous devons faire tout le bien que nous pouvons à nos frères comme Jésus nous a fait du bien… et cela aux dépens de nos aises de notre réputation même, de notre bourse, de notre temps.  St-Jean dit que nous devons être prêts a mourir s’il le faut pour sauver notre prochain comme Jésus est mort pour nous sauver.  C’est surtout le respect humain qui arrête cet apostolat laïque; on a peur de se faire passer pour un bon catholique, pour un fervent.  C’est aux parents et amis intimes à faire du bien à leurs membres malades spirituellement mais souvent un étranger réussira mieux.  Que chacun fasse ce qu’il peut pour l’amour de Dieu!

Cette plus grande joie dans le ciel ne veut pas dire que ce pécheur converti est plus parfait que les autres ou qu’il glorifie Dieu mieux que les autres.  Voici un exemple pour faire comprendre ce que Jésus veut dire.  Une famille s’amuse sur le bord de l’eau.  Voilà qu’un des enfants en se baignant s’éloigne des autres tellement qu’il ne peut plus revenir et il va se noyer.  Il crie au secours; les autres vont à son secours et ont beaucoup de difficulté à le ramener.  La mère surveille toutes les péripéties avec une anxiété terrible et on le lui ramène sans connaissance après qu’il a été sous l’eau quelque temps.  Des hommes font des exercices pour le faire revenir à lui.  Enfin, le voilà revenu à sa connaissance; il est sauvé!  Quelle joie pour la mère!  Elle n’a pas cette joie pour les autres parce qu’ils n’ont pas été dans le danger comme lui, mais celui-là était comme mort et le voilà en vie!  C’est donc le danger qu’il a couru qui donne tant de joie quand il est hors de danger.  Eh bien, le pécheur était sur le bord de l’abîme infernal, il était sur le point d’être perdu pour toujours et voilà que quelqu’un le sauve du feu de l’enfer où il s’en allait sûrement.  Voilà ce qui donne une si grande joie à Jésus et aux élus dans le ciel.  Le manque de zèle vient du manque de foi.  Celui qui voit tout: au point de vue des sens et de la raison trouve que les gens sont bons, ont bon coeur et veulent le bien.  Mais tout cela est au point de vue naturel.  Le genre de prêtres-philosophes évidemment trouve que tout va bien dans le monde; les gens sont polis, reçoivent bien le prêtre et suivent leur conscience.  Mais ce n’est pas du christianisme cela!  Comme ces philosophes ne suivent que la loi naturelle et donc mesurent tout au péché, il est évident que nos gens ne sont pas toujours à commettre des crimes.  Dès que ces gens ne tuent pas, ne courent pas les femmes, ces philosophes n’ont plus rien à leur demander.  Mais celui qui est vraiment théologien et qui mesure tout sur Dieu et sa sainteté que nous devons reproduire dans notre vie, voit d’énormes lacunes partout, dans le clergé, chez les religieux et chez les fidèles.  Alors il veut leur faire du bien; il va les voir, il leur parle de perfection divine et se montre très exigeant en tout.  Il est renversé de voir tant de gens agir comme de vrais païens avec des motifs naturels et d’avoir tant d’affection pour les choses créées.  Alors il cherche dans son esprit des moyens pour leur venir en aide, pas seulement pour les sortir de l’adultère, mais pour les rendre semblables à Jésus-Christ dans toute la force du mot.  «Soyez saints conte moi je suis saint!» Quand vous voyez un prêtre sans zèle, soyez sûr que c’est un philosophe!  Il est de travers avec le plan de Dieu, ce n’est pas surprenant que les choses de Dieu ne l’intéressent pas plus.  La philosophie dont il est plein ne le conduit qu’aux créatures comme de vrais païens.  En proportion qu’un prêtre est théologien et qu’il rapporte tout à Dieu et compare tout avec Dieu, il est exigeant et zélé pour diviniser le plus possible de gens.  Quand est-ce que les prêtres feront de la vraie Théologie selon les dons du S.  Esprit qui donnent le goût des choses divines.

la drachme perdue.  «Ou bien quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n’allume sa lampe, ne balaye sa maison et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée?  Et l’ayant trouvée, elle convoque ses amies et ses voisines, disant: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue.» «De même je vous le dis il y a joie parmi les anges de Dieu pour un pécheur qui se repent.» Ce n’est pas pour rien que Jésus donne un exemple si insignifiant. 

S’il y a tant de joie pour avoir retrouvé un sou, que doit être la joie dans le ciel pour avoir retrouvé une âme immortelle que Jésus a aimée jusqu’à mourir pour elle!  Les gens devaient être encore plus pauvres en Palestine au temps de Jésus que de nos jours.  Or on voit les pauvres faire des milles dans l’espérance d’avoir quelques sous.  Je me suis fait poursuivre quelques milles par une fillette dans une promenade que je faisais le long du lac de Génésareth sur la route entre Capharnaüm et le Jourdain.  Je ne voulais rien lui donner près du village, car j’aurais eu tout ce monde à mes trousses.  Quand je lui donnai son pourboire, elle sauta de joie et bondit comme une flèche vers le village en criant à tue-tête que je lui avais donné quelque chose.  Quelques minutes après arrivait une grande fille à la course pour me demander l’aumône.  Alors Jésus a du voir des cas semblables souvent.  Tout ce remue-ménage pour trouver la pièce de monnaie n’est qu’un échantillon du remue ménage que Dieu fait autour du pécheur pour le faire réfléchir.  Que de contrariétés, que de remords de conscience, de reproches de la part des autres, que de lumières il allume dans son esprit pour lui faire voir son triste état.  De là la joie au ciel après tous ces efforts de la grâce pour le ramener à Dieu.  
Tous ceux qui veulent faire plaisir à Dieu et donner cette joie au ciel travaillent sérieusement à la conversion du monde, à améliorer les bons, à empêcher les faibles de tomber, à ramener les pécheurs.  Pour cela il faut aller parmi eux et les fréquenter personnellement.  C’est le plan de Dieu des sauver le monde, les hommes par les hommes; écrire des livres et des revues ne suffit pas.  C’est comme la radio, c’est bien bon, mais elle n’a pas d’âme; elle ne remplacera jamais le contact personnel.  Mais qu’on se préserve d’une illusion: de descendre au rang des pécheurs, en suivant leurs moeurs plus ou moins, ou leurs habitudes.  Par exemple, suivre le même débraillé dans les habits, fréquenter les clubs de nuit, aller danser, etc.  Ces prêtres trop accommodants sont exposés à se faire prendre au lieu de prendre les autres.  Ces hommes et ces femmes savent bien apprécier la vertu et ils n’aiment pas à voir ceux et celles qui passent pour des modèles faire comme eux.  Il y a d’autres endroits pour rencontrer ces filles ou ces hommes que dans des endroits louches et dangereux.  Celle qui s’habille comme les mauvaises filles ne les gagnera pas en les imitant.  Que de prêtres et de religieux ont pris ce prétexte pour aller à toutes sortes de joutes!  Combien ont jamais fait d’apostolat sérieux là?  Mais la plupart se sont fait prendre et ont développé une passion aussi grande que les mondains qu’ils voulaient convertir en les suivant aux sports.  Aller avec les pécheurs, c’est imiter Jésus, il allait avec eux; mais jamais en incitant leur façon de faire.  Et quand il était avec eux, il leur parlait des choses de son royaume constamment.  C’est lui qui dirigeait la conversation, pas eux.  Que les prêtres l’imitent en gardant leur coeur bien loin des habitudes des gens du monde!

l’enfant prodigue.  Voici l’histoire ordinaire de la plupart des pécheurs.  Cet enfant n’est pas satisfait de la vie calme et heureuse dans sa famille, il veut jouir davantage.  Il demande sa part d’héritage et s’en va au loin le gaspiller, dans toutes sortes de plaisirs et jusqu’au péché mortel.  Combien de fils et de filles de cultivateurs qui vivaient heureusement sur la terre avec leurs parents, s’ils s’étaient contentés d’une vie chrétienne dans la sobriété et dans la tempérance, sachant qu’ils sont en ce monde, pas pour jouir le plus possible, comme des païens, mais pour gagner leur ciel par le sacrifice des plaisirs de la terre; combien, dis-je, ont quitté leur famille pour s’en venir dans les villes afin de s’enrichir plus, pour jouir plus des échantillons.  Puis, comme les Israélites au pied du Sinaï se mirent à banqueter et à danser, puis tombèrent dans l’idolâtrie qui est un péché mortel.  Eh bien, ces jeunes gens qui viennent dans les villes pour jouir plus, de fait s’amusent d’abord dans les choses permises, puis dans les choses plus ou moins louches et finalement dans les choses défendues et pour gagner plus d’échantillons ils perdent le bonheur éternel du ciel.  A mesure que la passion des choses créées entre dans le coeur, l’amour des choses divines s’en va.  La vie de l’âme avec ses vertus qui nous rendent semblables à Dieu diminue au profit de l’animal et de la corruption des moeurs.  Si Dieu n’intervient pas d’une façon spéciale ces pauvres gens sont perdus à jamais.  Comme pour l’enfant prodigue Dieu, leur envoie des épreuves, ils perdent leur position, ils deviennent pauvres, ils tombent malades, puis, avec ces deux choses si désagréables à la nature humaine, les amis disparaissent et laissent nos pécheurs seuls et dans l’ennui.  Ils commencent à réfléchir sur la vanité des biens de ce monde; ils voient leur vie ruinée, ils n’ont plus rien en ce monde et ils sont en train de perdre le ciel.  Il est vrai que plusieurs pour éviter la pauvreté sont capables de faire des transactions malhonnêtes pour tenir leur rang.  Tant pis pour eux: Dieu leur envoyait la pauvreté pour leur enlever leurs moyens de l’offenser; ils en prennent d’autres pour continuer de l’offenser; ils sont les seuls responsables!  Le prodigue descendit jusqu’à l’abîme de l’humiliation; il gardait les pourceaux et enviait leur nourriture qui était meilleure que la sienne Ce n’est qu’une image de la dégradation des pécheurs qui vivent dans le péché mortel.  Ils descendent non pas au niveau des pourceaux, mais des démons!

Mais en ce monde quelque bas que soit un pécheur, Dieu descend toujours jusqu’à lui par sa grâce pour exciter des remords de conscience et des désirs de sortir de ce triste état.  Le prodigue fut assez heureux pour écouter cette voix intérieure qui lui rappelait son ancien état de pureté et de bonheur dans la maison de son père.  Il se décida de revenir à son père, mais cette fois comme un simple mercenaire, car il se trouvait indigne d’être traité comme un fils.  Pendant tout ce temps son père allait souvent sur la grande route pour voir si son fils ne revenait pas.  C’est parce qu’il l’aimait beaucoup, qu’il avait une grande peine de le voir parti, qu’il eut tant de joie quand il l’aperçut au loin.  Du moment qu’il revient, son père est tellement heureux de le revoir, qu’il ne songe plus à ses fautes et l’admet tout de suite dans la famille et lui redonne tout comme s’il ne l’avait jamais quitté.  Il le traite si bien que son frère en est scandalisé et froissé et il lui dit: Vous ne m’avez jamais rien donné et maintenant que ce pécheur revient nous lui donnez plus qu’à moi qui suis toujours resté avec vous.  C’est alors que le père lui dit: Ton frère était perdu et il est retrouvé; il fallait donc nous réjouir.  Tandis que toi tu étais toujours avec moi et tout ce que j’ai est à toi… Par ces trois paraboles Jésus nous insinue que comme brebis nous devons chercher nos pâturages selon l’obéissance à notre Suprême Pasteur représenté par l’Eglise; que comme drachmes, nous devons connaître ce que nous avons coûté à Jésus; et comme fils, nous devons toujours nous hâter vers notre Père céleste.

le bon samaritain.  A un scribe qui demande qui est son prochain, Jésus répond par cette parabole.  «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains des brigands qui le dépouillèrent, le couvrirent de plaies et s’en allèrent le laissant à demi-mort.  Il se trouva qu’un prêtre descendait pur ce même chemin; mais, l’ayant aperçu, il passa outre.  De même un lévite qui survient en ces lieux et qui le vit passa outre.  Mais, un Samaritain en voyage arriva près de lui; à sa vue il fut rempli de compassion, il s’approcha, banda ses plaies et versant de l’huile et du vin; puis l’ayant mis sur sa propre monture, il l’amena à l’auberge et il y prit soin de lui… lequel des trois te semble avoir été le prochain de l’homme tombé entre les mains des brigands.  Celui qui a eu pitié de lui.  Jésus lui dit: va toi aussi et fais de même.» Cette parabole regarde la miséricorde de l’homme envers l’homme.  Mais, d’après ce que Jésus veut que nous pratiquions on peut mieux comprendre ce qu’il fait lui-même pour nous.  Il ne s’agit pas de péchés ici, mais de misères humaines qui touchent le coeur de Notre-Seigneur.  S’il est si compatissant pour les blessures du corps, combien plus il l’est pour les blessures faites à l’âme par les démons et les pêchés!  Est-ce par hasard que Jésus montre que ni le prêtre ni le lévite ont eu compassion de ce pauvre homme blessé?  En tout cas ce n’est pas glorieux pour le clergé!  Est-ce que beaucoup de prêtres ne passent pas ainsi tous les jours a côte des misères humaines sans les soulager?  Beaucoup sont très durs pour les pauvres, non seulement ne leur donnent rien, mais les disputent, leur adressent des injures. 

Dans une seule journée j’ai vu un curé refuser à manger à un pauvre parce qu’il venait durant le dîner.  «Tu viendras plus tard.» Il revient à trois heures.  «On ne vient pas entre les repas!» Puis il revient pendant le souper et le pauvre homme fut renvoyé sèchement parce que c’était pendant le repas!  Quel animal que ce prêtre!  Je ne voudrais pas être à sa place quand il se présentera pour le banquet divin!  Jésus peut bien lui dire comme il a dit à l’autre: «Ne viens pas me déranger pendant mon repas!» et comme ce repas est éternel… quand ce pauvre diable de curé va-t-il se présenter????…et ce curé était un religieux qui avait fait voeu de pauvreté!

La raison de cette dureté dans beaucoup de prêtres, je crois, est due à leur philosophie.  Ils connaissent parfaitement leurs devoirs envers les pauvres et les pécheurs, et ils se contentent de cette connaissance de tête comme ils font dans tout le reste de la religion.  Comme tant de religieux qui se glorifient d’appartenir à un ordre glorieux, qui vantent les qualités de leur fondateur et sa sainteté… et qui ne font rien pour la reproduire dans leur propre vie.  C’est exactement l’esprit des pharisiens et de beaucoup de juifs qui se glorifiaient de la loi de Moïse et des merveilles que Dieu avait opérées en leur faveur… et qui n’étaient pas agréables à Dieu comme le dit S.  Paul, dans l’épître de la Septuagésime.  Ce n’est pas ce qu’on sait qui donne du mérite, c’est ce qu’on fait.  Dieu jugera selon les actes, non selon la science, excepté que ceux qui l’auront eue rendront un compte plus sévère à Dieu s’ils n’ont pas agi selon leur connaissance.  Cette parabole est pour tous les chrétiens sans distinction; en proportion qu’ils veulent être avec Jésus, ils doivent agir comme lui pour soulager les infirmités que Dieu met sur leur chemin.  C’est difficile de soulager les autres.  Que de pauvres, de malades et d’infirmes sont hargneux, ingrats et exigeants!  Ce n’est pas par méchanceté, mais Dieu arrange tout pour que les bienfaiteurs fassent le bien uniquement pour l’amour de Dieu.  Il y a du vrai dans ce fait que les pauvres regardent le bien qu’on leur fait comme leur dû, mais les bienfaiteurs n’ont pas toujours l’esprit de foi pour le voir ainsi, surtout dans les débuts.  Il n’y a donc pas de consolation humaine ou naturelle à faire du bien aux autres, au moins en général.  Il faut donc un grand esprit de foi pour continuer les oeuvres de miséricorde.  Sachons que notre mérite dépend de notre esprit de foi et non de la manière que le bien est reçu.  le serviteur sans pitié.  Dans cette parabole Jésus veut nous montrer que si nous ne sommes pas compatissants par amour de lui, il ne le sera pas pour nous.  Il veut que nous soyons prompts à pardonner comme Dieu lui-même est prompt à nous pardonner.  «Un roi remet à son serviteur une dette de dix mille talents.  En sortant ce serviteur rencontre un compagnon qui lui doit cent deniers.  Il lui saute à la gorge en lui disant: paie-moi ce que tu me dois et il le fait jeter en prison.  Quand le roi apprend cela il le fait venir et lui dit: Serviteur méchant, je t’avais remis toute ta dette parce que tu m’en avais supplié, ne devais-tu pas avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi?  Et son maître irrité le livra aux exécuteurs jusqu’à ce qu’il ait payé toute sa dette.  Ainsi vous traitera mon Père céleste si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du coeur.» Tout chrétien doit donc essayer de ressembler à Dieu pour être compatissant et miséricordieux envers tous les affligés et les misérables au monde en autant qu’il le peut.  Pour aller avec Dieu il faut être une seule chose avec lui, donc agir comme lui.  Certains disent: nous ne refusons personne!  Cela ne suffit pas.  Il faut aller chercher les pauvres et les malades et les affligés.  Jésus dans son ciel ne s’est pas contenté de dire: je ne refuse pas les hommes!  Il est venu sur la terre nous chercher à ses propre dépens et même de sa vie.  Si le pasteur doit courir après sa brebis perdue, tout chrétien doit aussi courir après les perdus de toutes les façons au monde.  S’il veut ressembler à Jésus il doit faire des démarches pour aller au secours des autres.  C’est aux bien portants d’aider les malades; aux riches de soulager les pauvres, aux instruits d’enseigner les ignorants, etc.  N’oublions pas cette parole de Jésus: «Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous le faites.» Cette pensée de foi, que nous soulageons les membres souffrants de Jésus est la seule qui donne de la force de se dévouer pour les autres et qui rend ce travail agréable surnaturellement.


C’est en proportion qu’on vit de Jésus qu’on peut l’imiter dans les oeuvres de miséricorde et corporelles et spirituelles.  Comme nous avons tous besoin de la compassion et de la miséricorde de Dieu, nous ferons bien de nous dévaluer pour le prochain et de le soulager si nous voulons que Dieu le soit pour nous.  Faisons donc tout le bien possible aux autres dans l’avenir!

mardi 4 juillet 2017

Père Onésime Lacouture - 2-20 - Les paraboles du royaume 2


DIX-NEUVIÈME INSTRUCTION
LES PARABOLES DU ROYAUME.

(IIème partie)

Plan Remarque.  2e parabole: Le semeur d’ivraie: La Philosophie substituée à la Théologie.  3e parabole: Le grain de sénevé: La force extensive du royaume de Dieu ou de la grâce.  4e parabole: Le Levain: La force extensive du royaume de Dieu ou de la grâce.  5e parabole: Le Trésor Caché et la Perle Précieuse: Notre amour pour Dieu est un amour de préférence sur toutes les créatures.  6e parabole: Le Filet: la parabole de la sanction.  

REMARQUE Pour comprendre l’importance de la deuxième parabole il faut se rappeler la haine des démons pour Jésus.  C’est Lui qui est la Parole divine par excellence.  Il est le grain de froment semé par le Père éternel dans un sillon de notre terre creusé par ses ennemis les démons qui l’ont tué par l’entremise des Juifs.  En parlant de lui-même Jésus dit, J.  1223, «L’heure est venue où le fils de l’homme doit être glorifié.  En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de froment ne meurt après avoir été jeté en terre, il reste stérile, mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits.» Ailleurs il dit que l’homme vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.  Puisqu’il en est ainsi on voit tout de suite avec quelle rage les démons s’attaquent à la parole prêchée.  Les prédicateurs sont choisis pour donner Jésus au monde comme miette par miette pour ainsi dire.  Voilà pourquoi les démons se sont ingéniés à gâter toute la prédication autant qu’ils le peuvent.  Ils sont très intelligents et ils ont réussi à si bien tromper le clergé que la très grande partie de son activité est rendue stérile.

Comme les semailles du bon grain doivent se faire dans la mentalité ou dans les facultés spirituelles de l’homme, on peut s’attendre à ce que les démons sèment leur ivraie perfide aussi dans la mentalité ou par rapport à la mentalité.  Leur truc consiste à empêcher les prédicateurs et les professeurs de donner Jésus au monde; ils ont réussi à merveille comme on va le voir.

le semeur d’ivraie.  «Celui qui sème le bon grain est le Fils de l’homme, le champ est le monde.  Le bon grain ce sont les enfants du royaume et l’ivraie, ce sont les enfants d’iniquité.  L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable.» On sait que l’ivraie ressemble beaucoup au blé, mais est inutile.  Alors on peut s’attendre que l’ivraie du diable va ressembler beaucoup à la parole de Dieu, mais sera inutile pour le salut des âmes.  L’ivraie la plus perfide, à mon avis, est dans ce fait que, les démons aidant, les prêtres ont graduellement substitué la philosophie à la théologie.  Voici comment: St-Thomas dit, en parlant de la contemplation, dans Cont.  Gent.  2e ml-4, que le philosophe considère les choses en elles-mêmes, tandis que le théologien les considère en Dieu et donc en nous aussi pour le salut de l’âme.  Or comme tous les prêtres font quelques années de philosophie, il est bien naturel de vouloir garder la même méthode en théologie et considérer les vérités en elles-mêmes seulement.  Ce point de vue philosophique est non seulement utile en théologie, mais même nécessaire; il faut bien connaître les choses en elles-mêmes avant de pouvoir s’en servir pour soi ou pour les autres.  Jusque là tout va bien.  Mais voici où commence l’ivraie: c’est quand on se contente de ce point de vue en théologie et qu’on lui laisse le nom de théologie.  Elle est savante, ressemble beaucoup à la théologie en s’occupant des mêmes sujets, et des mêmes vérités, employant les mêmes mots que la théologie, les mêmes auteurs, parlant des mêmes doctrines et du même Dieu, des mêmes hommes et des mêmes actions.  Des milliers de prêtres se croient théologiens quand ils ne sont que de simples philosophes de la théologie!  Voilà la ressemblance avec le bon froment.  Toute cette philosophie est vraie, utile et nécessaire et très savante; de fait elle suffit pour contenter l’esprit humain au point de vue naturel et développe quand elle est seule un orgueil d’esprit dans la proportion qu’on s’en contente.  Voilà pourquoi tant de ces prêtres-philosophes sont très orgueilleux comme tout païen l’est naturellement.  Car cette philosophie est purement naturelle et donc païenne même quand elle s’occupe des perfections de Dieu et des vérités qu’il nous a révélées.
Malgré sa ressemblance avec la vraie théologie, cette philosophie est de la véritable ivraie et donc bonne à rien pour le salut des âmes ou pour la gloire de Dieu.  Par nature elle reste abstraite, spéculative, donc elle ne nourrit pas du tout le coeur de l’homme.  Je pourrais vous lire toute une conférence sur l’utilité de manger du poulet; tout pourrait être très vrai, très savant, mais si vous dépendez de ma conférence pour vivre, vous allez mourir de faim!  Voilà le mal de cette philosophie de la théologie; elle ne nourrit pas les âmes, elle ne leur donne pas la vie divine, tout en leur laissant l’impression que c’est une nourriture.  Elle est donc hypocrite, c’est du camouflage de religion ou un fantôme de religion.  Tout est vrai à son point de vue, de sorte que ces philosophes n’ont pas conscience d’errer en rien; ils sont sûrs d’eux-mêmes et ils ont raison comme philosophes.  Mais non seulement toute cette science laisse le coeur vide de toute vie divine, mais ses conclusions vraies pour elle, à son point de vue, sont absolument fausses, au point de vue théologique ou pour la pratique de la vie divine en nous.  Voilà pourquoi tous ces prêtres-philosophes sont les ennemis nés de tout prédicateur ou de tout professeur qui prêche ou qui enseigne le point de vue vraiment théologique pour le salut de l’âme et la gloire de Dieu.  Exemple: prenons l’usage des créatures.  En elles-mêmes elles sont toutes bonnes, ayant été créées par Dieu pour représenter quelques unes de ses perfections.  La conclusion de ce point de vue philosophique est que nous pouvons en jouir tant que nous voulons jusqu’au péché exclusivement, ou à l’abus.  C’est la seule règle de morale qu’elle donne à ce sujet.  Aussi elle fait le tour du monde, car elle fait l’affaire de tous les hommes; c’est justement ce qu’ils pensent tous selon la raison et donc au point de vue païen et naturel.  On entend les chrétiens comme les Chinois, comme les Mahométans, comme les Juifs, dire: il n’y a pas de mal à cela, faisons-le.  Ce n’est pas défendu, jouissons en!  Et tous les prêtres-philosophes acquiescent à cette règle de conduite parfaitement raisonnable au point de vue humain.  Les créatures sont considérées comme du dessert dont on veut le plus possible.  Mais au point de vue théologique ou par rapport à Dieu et donc pour le salut de notre âme, elles sont ou bien l’argent pour acheter le ciel comme Jésus l’enseigne dans la parabole de la perle précieuse ou la semence pour récolter le ciel, ce que Jésus enseigne quand il dit qu’on aura le centuple en cette vie et le ciel en proportion qu’on abandonne les créatures pour l’amour de lui.  C’est donc en se privant des créatures qu’on mérite le Créateur, pas du tout en jouissant.  Ainsi St-Paul dit qu’il s’est privé de tout, les regardant comme du fumier afin de gagner Jésus-C.  Pour les philosophes de la théologie, les créatures sont du dessert, pour St-Paul et les vrais théologiens, elles sont du fumier… Dessert, fumier… Voilà les deux conclusions diamétralement opposées selon ces deux différents points de vue, tous les deux vrais pourtant, mais contraires l’un à l’autre… Dès qu’un prédicateur vraiment théologien vient pour prêcher le mépris concret des créatures, soit pour acheter le ciel, soit pour récolter les plaisirs du ciel, on voit toute la bande des prêtres-philosophes se lever comme un seul pour dénoncer ce réformateur, cet innovateur qui donne une doctrine étrange et contraire aux traditions de l’Eglise, disent les philosophes.  Comme ils sont légions dans l’Eglise et que la masse des supérieurs ne sont que des philosophes aussi, le prédicateur des créatures-Fumier est vite bâillonne et exilé dans quelque désert pour repasser sa théologie!  C’est le triomphe de la philosophie sur la théologie, du paganisme sur le christianisme, du naturalisme sur le surnaturel!

Depuis Jésus-Christ que ces philosophes persécutent tous ceux qui prennent le point de vue de l’amour de Dieu.  On n’a qu’à lire la vie des saints pour s’en convaincre.  La doctrine pratique de St.  Ignace a été attaquée par eux, celle de S.  Jean de la Croix que ses confrères-philosophes ont mis en prison pendant neuf mois, etc.  etc.  La doctrine de l’imitation de Jésus-Christ qui est celle de S.  Paul a été attaquée par les philosophes de son temps et l’auteur a été réduit au silence pour le reste de sa vie par son évêque.  Toute la clique des scribes, des pharisiens et des grands-prêtres qui ont tué Jésus n’était que de purs philosophes du même calibre que les philosophes de notre clergé actuel.  Ils n’étaient pas tous des démons de méchanceté: plusieurs étaient très zélés pour la gloire de Dieu comme Saül, Gamaliel, Joseph d’Arimathie, etc.  Mais, par leur formation formaliste, philosophique, ils considéraient les choses en elles-mêmes, et alors ils avaient développé une science abstraite et spéculative de la loi de Moïse et des prophètes, qui les a fait passer absolument à côté de l’esprit du Messie, qu’ils n’ont pas du tout reconnu et qu’ils ont persécuté comme contraire à leur propre mentalité et ils l’ont tué.  Voilà la pire ivraie et la plus perfide que les démons pouvaient inventer.  Elle ressemble si bien à la vraie théologie que la masse des prêtres avant Jésus-Christ comme après et depuis vingt siècles se sont fait jouer par les démons.  La très grande majorité des prêtres séculiers et réguliers, ne sont que de simples philosophes de la théologie, ils sont de véritables pharisiens et font leur oeuvre de persécuteurs de la doctrine théologique de Jésus et ils la tuent aussi efficacement que les pharisiens ont tué Jésus en personne.  Aucun livre vraiment surnaturel et écrit au point de vue de l’amour de Dieu ne peut passer leur censure.  Notre Père Groulx disait cela il y a déjà 150 ans, et c’est aussi vrai de nos jours.  Il sort une foule de livres avec des titres catholiques mais pour passer il faut qu’ils traitent leurs sujets «en soi» et donc au point de vue philosophique.  On peut écrire des milliers de livres sur, par exemple, l’Eucharistie: ce qu’elle est en elle-même, les avantages en eux-mêmes, les dispositions pour la recevoir, etc.  etc.  Tout cela passe facilement.  Mais comme ces livres sont plats et insipides!  Les gens n’y trouvent pas de nourriture pour le coeur.  Ce sont de savantes analyses des vérités de la foi au point de vue abstrait… ce n’est donc pas pour en manger, pour s’en nourrir, mais c’est pour savoir!  Science vide!  insipide, inodore et incolore.  Qui veut lire ces livres qui sortent par centaines des presses?  Mais qu’on écrive un livre pour enseigner les conclusions pratiques du fait que Jésus est là en personne, et les dispositions qu’il faut pour en profiter devant Dieu et donc pour engraisser son âme: tout de suite les censeurs les condamnent comme entachés de jansénisme.  Ce livre devra dire qu’il faut mépriser les créatures même permises pour goûter Jésus dans la communion, ou dans sa messe, qu’il doit regarder tous les plaisirs comme du fumier afin d’avancer dans l’amour de Jésus!  Qu’il faut donc cesser d’aller aux vues, aux danses; de s’habiller modestement, de mener une vie retirée, de faire sa méditation tous les matins, d’aller faire souvent des visites au S.  Sacrement, etc.  On lui dirait tout de suite qu’il exige une trop grande perfection, qu’il est trop sévère!  que ce livre pourrait faire pour des Carmélites et que l’auteur montre peu de jugement en l’adressant au peuple!  etc.  Les démons ont eu soin de mettre des philosophes dans toutes les positions de commande dans l’Eglise en général d’où ils peuvent arrêter tous ceux qui donnent au monde le point de vue de la vraie théologie.

Ils ont envahi toutes les différentes branches de l’enseignement religieux pour les rendre à peu près nulles.  En Ecriture Sainte, ils aiguillent les prêtres sur tous les points de vue possibles excepté le seul pratique: chercher comment arriver à l’amour de Dieu par la doctrine divine cachée dans les Ecritures.  Qu’on me trouve un seul auteur qui fait valoir la doctrine des créatures-fumier de S.  Paul?  Qu’on trouve un seul prêtre-philosophe au mon qui la fait ressortir, qui exploite la «folie de la Croix» du même S.  Paul, ou que la vocation de tout chrétien est d’être traité injustement par ses supérieurs comme le dit formellement S.  Pierre!  Qu’on en mentionne un qui fait ressortir ce fait que Dieu prend la sottise humaine pour manifester sa propre sagesse divine?  Jamais de la vie un diable de philosophe donnera au peuple ces doctrines que S.  Paul appelle la force de Dieu et la sagesse de Dieu… il serait obligé de quitter son dessert pour le fumier!  En Morale, grand Dieu quelle farce!  Ils l’ont si bien séparée de la vraie théologie qu’elle est devenue la risée même des gens du monde!  Et quel étudiant de Morale n’est pas écoeuré par ce qu’on y donne ordinairement.  Tout est vrai «in se».  On traite toutes les questions «in se» comme de purs païens, de simples philosophes… et l’on est trop bête pour voir que leurs conclusions «in se» vont passer dans la vie pratique où elles font des ravages terribles et où elles sont absolument faussées et dangereuses et conduisent directement au péché.  Une fille demande à un prêtre si elle peut aller danser.  Voyons notre imbécile de philosophe lui répondre: la danse «en soi» n’est pas défendue.  Espèce de fou, qui danse «en soi»?  Cette fille s’en va danser dans les bras d’hommes en chair et en os et très souvent ne cherchant que les victimes pour leurs passions… et vous allez lui dire que la danse dans l’abstrait n’est pas mauvaise?  Cela ne répond pas du tout à sa question bien concrète de la danse vécue.  Comme un vrai païen, sa conclusion est qu’elle peut danser n’importe quelle danse qui n’est pas scandaleuse «en soi».  Qui sait la limite dans ces sortes de danses?  Pas un imbécile de philosophe le sait.  Cela ne règle donc pas la question de la danse.

Un prêtre catholique répondrait en lui montrant que les danses terrestres nous sont données pour ou bien acheter les danses célestes en les payant par des danses terrestres, ou en les récoltant au ciel et donc qu’il faut les semer sur la terre.  La conclusion du docteur en Israël est qu’elle peut danser tant qu’elle veut, et la conclusion du prêtre catholique est qu’elle doit s’en abstenir le plus possible, qu’elles soient défendues ou permises.  Les péchés «in se» ne coalisent pas pour faire du mortel.  Il y a une bonne dose de fausseté dans l’application concrète de ce principe abstrait.  Il y a une malice et une habitude qui se contractent dans n’importe quel péché répété.  Chaque familiarité peut bien n’être que vénielle, mais dans les deux animaux qui les font, chacune ajoute quelque chose à la suivante qui finissent toutes par l’acte mortel.  Toutes se sont ajoutées donc!  Ce n’est donc pas vrai dans le concret ce que disent les moralistes dans l’abstrait.  Or, les péchés se commettent dans le concret et dans un corps charnel plein de passions et de concupiscence.  Or nos imbéciles de philosophes raisonnent comme si nous étions de purs esprits!  Voici encore une erreur de tactique qui fait un mal immense dans l’Eglise.  Plusieurs moralistes soutiennent qu’un motif naturel est bon pour le ciel du moment qu’on est en état de grâce et que l’acte est bon de sa nature.  Il est évident que ceux qui le disent sont saturés de leur philosophie ou du point de vue «in se».  Ainsi Noldin et d’autres disent qu’on n’a pas à s’occuper du motif du moment que l’action est faite pour une fin honnête dans le sens de raisonnable.  Comme les démons doivent applaudir une pareille doctrine!  Elle dispense les fidèles de changer leur mentalité, ou de s’occuper des motifs.  De fait, la masse des chrétiens s’appuient sur de pareils moralistes pour se dispenser de transformer leur mentalité païenne en mentalité chrétienne.  Eh bien c’est contraire à tous les bons auteurs spirituels qui disent que tout le travail important de la sainteté est de se défaire de ses motifs naturels pour n’agir que pour des motifs surnaturels.  Noldin dit que c’est l’opinion qu’il préfère.  Or, pour le salut de l’âme personne n’a le droit de se servir d’une opinion probable: il faut qu’il prenne la plus sûre.  C’est donc en tant que philosophe que Noldin parle même à son insu peutêtre.  Il prend soin d’ajouter qu’il vaut mieux tout de même de répéter souvent son intention surnaturelle.  Mais, nos jeunes philosophes vont-ils remarquer ce conseil?  Ils gardent la première idée qu’on n’a pas à s’occuper des motifs et le mal est fait pour leur vie!… et pour tous ceux à qui ils prêcheront.  C’est cette opinion de Noldin et de bien d’autres qui empêchent les prêtres et par suite les fidèles de travailler dans le monde des motifs d’où la plus grande partie du mérite sort.  Jamais ils seraient allés à enseigner pareille doctrine s’ils s’étaient mis uniquement au point de vue de l’amour de Dieu et du salut de l’âme comme de vrais théologiens doivent faire.  Enfin, la plupart des moralistes ne sont que des casuistes qui enseignent aux gens à jouir le plus possible des créatures tout en gardant l’espérance d’aller jouir du Créateur après la mort.  Les fidèles sont saturés de cette morale qui consiste à aller le plus proche possible du péché sans le commettre.  C’est à qui jouerait au plus fin avec Dieu!  Il s’agit de flirter le plus possible avec les rivales de Dieu, les créatures tout en travaillant pour sauver son âme!  Exactement comme ces maris qui ont une maîtresse et qui essaient de garder de bonnes relations avec leur femme.  C’est assez pour montrer quels ravages fait cette ivraie au sein de l’Eglise!  Jésus-Christ en personne est éliminé de la vie de ces philosophes et de ceux qu’ils trompent même à leur insu.  Que c’est triste de voir des milliers de prêtres bien intentionnés, mais absolument aveugles sur les causes du paganisme général parmi les chrétiens et où sont les évêques même qui sont capables de mettre le doigt sur ces causes?  Combien sont capables de donner un bon coup d’aviron pour redresser la barque qui s’en va à la dérive du naturalisme?  On les a choisis parmi les philosophes en général: ils gouvernent en philosophes.  Parfois on va dire que les fidèles sont trop jouisseurs, qu’ils y a trop de naturalisme chez les fidèles, ou on va constater des fléchissements dans la foi ou dans les moeurs, on signale tel abus, etc… Mais quand peut-on aller à la racine du mal qui est le paganisme pratique des prêtres en général dû à leur seule philosophie de la théologie qu’ils ont reçue dans leurs maisons de formation… et qu’ils donnent au monde!

J’ai déjà montré dans les tentations de Jésus au désert comment Satan a fait son théologien, mais exactement comme nos théologiens-philosophes.  Il a cité des textes vrais «in se» mais avec une application fausse.  Eh bien!  Satan a fourni à tout le clergé de tous les temps, une théologie vraie dans l’abstrait ou «en soi» et enfin les fait passer de l’ordre abstrait à l’ordre concret avec les mêmes principes.  Dans l’ordre naturel, on devrait être capable de passer sans erreur de l’ordre abstrait à l’ordre concret.  Mais cela n’est plus vrai dans une foule de cas dans les choses surnaturelles.  Ainsi, j’ai montré que dans l’ordre abstrait les créatures sont bonnes et on peut en jouir du moment qu’on ne pèche pas.  Mais cette conclusion devient absolument fausse avec le plan de Dieu qui fait le contraire du bon sens et pour punir l’homme de son péché et pour avoir seul la gloire du salut de l’homme.  C’est cette sagesse divine de faire tout le contraire des hommes qui échappe complètement aux philosophes de la théologie.  Les «in se» ne marchent plus là du tout!  C’est une obligation stricte de semer les choses permises comme les défendues selon le plan de Dieu.  «Si quelqu’un ne renonce pas à tout ce qu’il possède, il ne peut être mon disciple!» Dans ce tout il y a une foule de choses permises.  «Si quelqu’un abandonne son père, sa mère, etc.; tout cela est du permis, et Jésus récompense ceux qui les sèment.  Or cela n’entre jamais dans l’idée des philosophes.  Pour eux il n’y a que les choses défendues à semer.  Ils ont menti!  Ce n’est pas vrai!

Voilà comment Satan trompe les prêtres et les plus savants comme les autres… et surtout les savants souvent si orgueilleux.  Ils ne veulent pas prendre la leçon des autres, mais comme ils sont ignorants dans la science de l’amour de Dieu pratique!  Ils n’approchent pas du tout de ce monde divin concret.  On n’a qu’à voir la mentalité de leurs victimes, les fidèles en général; comme ils sont tout aux choses du monde!  Comme ils ne parlent que des échantillons!  Donc leur coeur en est rempli!  Comme ils ne parlent jamais des choses de Dieu: donc elles ne sont pas dans leur coeur… et ils ont été formés par des milliers de prêtres-philosophes… qui eux aussi n’ont que les échantillons dans la bouche et donc dans le coeur.  Ils vivent en-dehors du monde de l’amour de Dieu sans aucun scrupule Quand ils pensent à leur science des choses de Dieu, ils ne voient pas d’erreur en elle, et de fait il n’y en a pas dans leur philosophie des choses de Dieu.  Le mal est que cette maudite philosophie ne donne pas la vie surnaturelle, ne donne pas Jésus-Christ à vivre comme une vie concrète!  Elle se contente d’en parler, la gueuse!  La preuve: les fidèles ne goûtent pas les sermons ordinairement!  c’est donc qu’ils ne donnent pas la voix et la nourriture du maître.  Jésus dit que ses brebis entendent la parole de leur maître.  Or puisque nos brebis ne goûtent pas la parole des prêtres en général, c’est donc qu’ils ne donnent pas la parole de Jésus.  Jésus dit à Satan que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu.  Eh bien!  nos gens se meurent au sein de l’Eglise: c’est donc que les prêtres ne donnent pas la parole de vie de Jésus, mais ce sont des exposés philosophiques et abstraits des dogmes qui ne nourrissent pas plus l’âme qu’une conférence sur du poulet nourrirait un auditoire.  Une objection.  On va dire, mais vous attaquez le magistère de l’Eglise.  Ce n’est pas vrai!  Le magistère de l’Eglise enseigne le point de vue théologique des dogmes comme les saints l’ont fait.  Mais ce sont les prêtres, qui ne sont pas infaillibles comme on le voit, qui se laissent tromper par les démons et par leur propre sens naturel qu’ils aiment à suivre pour mieux jouir de ce monde.  Quand la moitié du clergé est devenu païen, le Saint-Esprit n’avait pas quitté son Eglise, mais ce sont ces prêtres et ces évêques qui avaient quitté le Saint-Esprit et l’enseignement du magistère de l’Eglise.  A ceux qui disent qu’on ruine la réputation des prêtres en exposant leurs erreurs de tactique, je réponds la réputation de Jésus et le salut des âmes valent plus que la réputation du clergé.  Ensuite, exposer les causes qui nuisent justement à cette autorité est pour leur plus grand bien.  Les fidèles voient bien que les prêtres ne sont pas ce qu’ils devraient être en général de sorte qu’ils ne les estiment pas comme ils devraient.  Quand ils sauront la cause, ils les plaindront et essaieront de ne pas faire comme eux, s’amendant eux-mêmes.  Ils feront du bien au clergé indirectement.  Ce zèle pour sacrifier Jésus au profit de la réputation du clergé est un zèle bien mal compris.  Est-ce que des médecins feraient bien de cacher une maladie contagieuse pour sauver la réputation des gens?  Quand des prêtres et des fidèles regardent de l’ivraie comme du froment c’est le devoir de n’importe qui de les avertir et les victimes devraient se montrer fort reconnaissants à celui qui a le courage de le faire sachant d’avance ce qu’il peut attendre et des démons et des prêtres leurs instruments aveugles souvent.  Leur vie plus ou moins païenne nuit bien plus à leur réputation que tout ce que je puis dire pour leur ouvrir les yeux sur les trucs des démons pour rendre leur ministère stérile, ou à peu près.  Il y a encore bien d’autres sortes d’ivraie que j’ai déjà montrée dans la première série et que j’indique au cours de ces instructions.  C’est ce qui fait enrager les démons et c’est pourquoi ils suscitent tant d’opposition dans le clergé contre mes retraites qui défoncent les fortifications et leurs principales munitions pour détruire l’Eglise et la doctrine de Jésus.

Je conseille aux prêtres d’avoir une grande dévotion au Saint-Esprit et de réciter le Veni Creator au moins sept fois par jour afin d’être préservés des illusions du démon.  Il leur faut aussi les dons du Saint-Esprit complètement négligés dans la philosophie des prêtres.  Qui s’occupe des dons?  Qui les explique au peuple et qui les demande constamment?  Or, les dons poussent tout de suite n’importe quel fidèle à la vraie théologie, au vrai point de vue de l’amour de Dieu.  Il oriente tout à son salut, au bon plaisir de Dieu et se met tout entier uniquement aux choses de Dieu.  L’absence des dons et dans le clergé et dans les fidèles est une lacune inconcevable à des chrétiens.  C’est comme rejeter ou négliger la troisième personne dans la Sainte Trinité!  On n’a pas plus des deux autres Personnes que de la troisième.  Le clergé qui ne manifeste pas les dons ne manifeste pas plus Jésus-Christ, et pas plus le Père.  Or, il est bien certain que l’activité des dons fait lamentablement défaut chez la plupart des prêtres et encore plus chez les fidèles; ils n’ont donc pas plus des deux autres Personnes.  Comme tout ce monde est loin de Dieu!…bien loin de Dieu!  Et les pauvres malheureux qui s’attachent à leur misérables «in se» pour se sauver!  Quelle pitié!  Quel aveuglement!… et des imbéciles vont nous dire de nous taire!  de ne pas nuire à la réputation du clergé??!  Est-ce que les prêtres restés fidèles à la vraie foi se sont abstenus d’attaquer les Ariens parce qu’un grand nombre de prêtres étaient compromis?  Est-ce qu’on n’a pas dénoncé le gallicanisme, l’américanisme et bien d’autres erreurs qui se glissent dans des centaines et des milliers de prêtres et d’évêques parfois?  Ce n’est pas manquer non plus à la charité quand on dénonce une erreur générale ou à peu près qui fait un tort immense à l’Eglise: il faut 1e dire!  Est-ce que ce serait charité que de cacher à mes frères une maladie contagieuse de ma mère pour sauver le bon renom de ma mère?  Pas du tout!  Eh bien!  j’ai le d’oit de faire de même pour l’Eglise.  le grain de sénevé.  Cette parabole fait ressortir la force extensive du royaume de Dieu ou de la grâce.  Si la parabole de l’ivraie était de nature à décourager les fidèles, et les prêtres, celle-ci doit les encourager à travailler malgré tous les obstacles de nos ennemis.  Dieu envoie des contrariétés précisément pour nous montrer que c’est lui qui fait progresser les âmes.  Il faut semer de son activité ici comme ailleurs afin que la récolte soit l’oeuvre de Dieu seul, et notre travail n’est qu’une condition ou une cause morale de l’action de Dieu qui est la seule cause efficiente dans le surnaturel.  le levain.  Cette parabole montre le travail imperceptible de la grâce et sa force intensive.  L’Eglise a bien montré cette force en croissant malgré les persécutions et les oppositions des puissants contre elle.  Que de fois ses ennemis ont dit: elle est finie!  et la tempête passée, elle redresse la tête et continue son travail comme avant.  Il en est ainsi pour notre propre sanctification qui se fait imperceptible mais sûrement si nous suivons la doctrine de Jésus et les commandements.  Quand Dieu arrête un ouvrier évangélique d’une façon ou d’une autre, s’il se décourage et dispute, c’est donc qu’il comptait sur sa propre activité, puisqu’il pense la grâce arrêtée parce que lui ne travaille plus.  C’est une erreur.  Sa soumission à la volonté de Dieu fera marcher tout comme avant et encore mieux par son sacrifice.  le trésor caché et la perle précieuse.  C’est clair comme de l’eau de roche dans ces deux paraboles que notre amour pour Dieu est un amour de préférence sur toutes les créatures au monde, et pas seulement des créatures défendues comme les prêtres philosophes l’enseignent faussement.  C’est la contre-partie du premier commandement: puisque Dieu prend tout notre amour, il n’en reste plus pour les créatures, et Jésus l’affirme d’une façon bien concrète dans ces deux paraboles.

Jésus indique clairement que les créatures sans exception sont l’argent pour acheter le ciel.  Il n’est pas question de péché du tout, mais uniquement d’achat.  Quand on dit en allumant une cigarette: ce n’est pas péché!  C’est vrai, mais cet homme est un imbécile selon le plan de Dieu.  Que les créatures soient permises ou défendues ne règle pas du tout le salut de l’homme.  Que dirait-on d’un cultivateur qui irait demander à son curé si c’est péché ou permis de semer?  Cela ne règle pas du tout sa vie temporelle.  Quand même ce n’est pas péché de ne pas semer, il va se ruiner en ne semant pas.  Le chrétien qui ne marche que d’après le péché ou le permis est aussi bête.  Même si fumer n’est pas péché, quand on fume une cigarette on mange cette semence et si fumer n’est pas péché, quand on fume une cigarette on mange cette semence et l’on perd la récolte correspondante au ciel.  C’est ainsi qu’on peut ruiner son éternité en jouissant des choses permises.  Si on mange tout son grain on n’a plus de récolte que ce soit péché ou non!  Jamais les cultivateurs s’arrêtent à cette question sotte si c’est péché ou permis de semer.  La question pour eux est celle-ci: est-ce que je veux une récolte ou non?  Si je veux une récolte il faut semer.  Eh bien!  le fumeur devrait avoir autant de jugement.  Quand il a sa cigarette en main, il devrait se demander s’il veut une récolte céleste de cigarettes ou non, et alors il agit en conséquence!  Qu’il fasse de même en tout!  Que c’est triste de voir tant de prêtres et de fidèles si en dehors du plan de Dieu!  Les créatures sont l’argent pour acheter le ciel ou la semence pour le récolter: voilà le plan de Dieu!  L’autre, si elles sont permises ou défendues n’est qu’une bien petite partie de ce plan.  La question du péché ou du permis serait toute notre morale si nous étions sur le chemin des limbes dans l’ordre naturel.  Dans ce cas des milliers de prêtres et de religieux n’auraient rien à changer dans leurs idées actuelles; ils pourraient tous continuer de pratiquer et d’enseigner leur doctrine actuelle: est-ce péché, est-ce permis?  et tout se réglerait d’après ce principe absolument païen.  Mais, comme nous sommes appelés non pas à une récompense seulement comme pour voir Dieu face à face, le ciel n’est pas seulement cela: c’est une participation à la vie intime de la Trinité: c’est non seulement avoir la vie divine mais c’est aussi penser comme le Verbe et aimer comme le Saint-Esprit.  Or, est-ce que les Personnes de la Sainte Trinité se demandent si fumer une cigarette est péché ou permis, et que si c’est permis qu’elles passent leur temps à déguster ce suçon?  Elles mettent leur bonheur dans les perfections infinies de Dieu.  Eh bien, voilà ce que nous devons faire tout de suite sur la terre, voila le plan de Dieu et les créatures ne sont que des échantillons pour nous faire penser et estimer ces perfections, puis elles sont l’argent pour les acheter ou la semence pour les récolter.  Dans ce plan le péché n’entre pas du tout.  Dieu a certainement arrangé son plan pour le bonheur de l’homme en dehors de tout péché: Dieu ne pouvait pas le vouloir dans son plan.  Maintenant parce que le péché de fait est arrivé cela ne change pas du tout son plan primitif de nous faire préférer Dieu à toute créature.  Jésus répare le péché, puis tout doit revenir au plan primitif où il n’y avait pas encore du péché.

Les démons ont donc réussi à faire aiguiller la très grande masse des prêtres en dehors du plan divin avec leur maudit péché comme base de tous leurs raisonnements.  Il n’y a que les démons qui gagnent à toujours mettre cette question de péché en avant.  La masse du clergé et des chrétiens se trouvent à toujours raisonner exactement comme ils le feraient dans l’ordre naturel et sur le chemin des limbes.  Quel aveuglement terrible!  En partant de ce faux point de vue, ce n’est pas surprenant qu’ils soient à peu près tous contre ceux qui prêchent la doctrine véritable de Jésus et que tous les saints ont prêchée… et que tous ces philosophes païens ont toujours persécutés!  La preuve que les démons ont obtenu des prêtres juste ce qu’ils voulaient, c’est que pas un démon ne se montre le bout du nez dans les choses de la religion.  Tout marche à merveille pour eux!  Ils sont tous sur le chômage, les gueux: Le clergé fait leur besogne aussi bien qu’eux avec la philosophie que le démon leur a préparée!  Jésus et les Apôtres avaient toujours cinquante mille démons dans les jambes!… et les prêtres de nos jours croient à peine à l’existence des démons tant ces misérables sont disparus du monde!  Les démons viennent en ce monde pour attaquer Jésus et ses membres mystiques: puisqu’ils n’y viennent pratiquement plus, c’est donc que Jésus et sa vraie doctrine ne sont plus donnés par les prêtres.  La preuve est que dès qu’un prédicateur revient à la façon de prêcher de Jésus et des Apôtres, des légions de démons se livrent pour lui faire la guerre exactement comme à Jésus et à S.  Paul en se servant de leurs meilleurs instruments, les prêtres philosophes, comme ils se sont servi des scribes, des prêtres juifs et des pharisiens pour persécuter Jésus au nom de Moïse et des prophètes.  Nos prêtres le font aussi au nom de Jésus et de l’Eglise.  Le fait que l’Eglise les a condamnés plusieurs fois en canonisant leurs victimes ne leur ouvre pas du tout les yeux.  Ils se croient et se disent l’Eglise.  Ils constatent bien parfois que les supposés chrétiens sont bien jouisseurs et païens, mais ils les blâment seuls; ils ne voient pas ou ne veulent pas l’avouer qu’ils sont les vrais coupables.

Beaucoup de prédicateurs ont une peur bleue de la persécution.  Ils savent bien que dès qu’ils entrent dans le plan de Dieu pour prêcher le mépris concret des créatures permises comme des défendues, les démons vont leur susciter une vraie persécution et ils n’ont pas le courage de la subir à l’exemple de Jésus.  Alors, habilement ils aiguillent leur prédication sur toute autre chose que cela; et alors les démons et leurs voisins leur laissent la paix… Mais la paix selon le monde, la paix dans la lâcheté, la paix dans le sacrifice de Jésus au lieu de son propre sacrifice, la paix à la Pilate!  Ils se réfugient dans les attaques contre le péché favorisées par tous les démons!  oui, les démons aiment qu’on attaque les péchés, pendant ce tempslà on n’enseigne pas aux gens le sacrifice des choses permises selon le plan divin, les gens se donnent corps et âme aux choses permises, et finalement tout leur coeur est là… et les démons les ont quand même avec la belle prédication et les tonnerres d’éloquence contre les adultères et les impuretés… et ces gens perdent le ciel!  Parce que les démons savent mieux que les prêtres que l’on a beau tonner contre les péchés, si les gens ne veulent qu’éviter le péché et qu’ils jouissent comme à l’ordinaire le plus possible des choses même permises, ils vont tomber dans ces péchés presque inévitablement comme l’expérience le montre trop.


Si les prêtres avaient une once de sagesse, ils sauraient qu’en prêchant selon le plan primitif de Dieu avant et en dehors de tout péché, et donc en prêchant la préférence de Dieu sur les échantillons, ils rendraient un immense service aux fidèles qui éviteraient sûrement les péchés et en plus vivraient dans le plan de l’amour de Dieu.  Ils achèteraient le ciel et le récolteraient en donnant les créatures permises comme les autres.  Vivant ainsi de foi, ils auraient la victoire sur le monde.  Voilà ce que Jésus et les Apôtres ont prêché… et les saints les ont imités.  le filet.  Voici la parabole de la sanction.  Nous pouvons résister a l’enseignement de Jésus, mais le règlement des comptes vient à l’heure de la mort et du jugement.  Là, ceux qui n’ont pas voulu se soumettre à l’amour de Dieu, vont tomber seuls sous la Justice divine.  Les anges feront le triage et les méchants seront jetés au feu éternel.  Ils n’ont pas voulu se priver des jouissances sensibles, eh bien, ils en seront privés éternellement et en plus ils seront torturés dans des supplices indicibles pour toujours.  Quelle responsabilité pour les prêtres qui ont été choisis pour indiquer aux fidèles le chemin du ciel… et que donnent une doctrine du chemin des limbes de fait, une doctrine simplement naturelle, même quand ils emploient des mots surnaturels et parlent des vérités surnaturelles avec leur diabolique point de vue «in se» ou purement philosophique… et il n’y en a pas un sur mille, je parle des prêtres, qui s’en aperçoit.  Quelle terrible ivraie dans l’Eglise que cette infernale philosophie de la religion!  Que le Saint-Esprit ouvre les yeux aux prêtres sur leur aveuglement!  Qu’il donne une once d’humilité aux professeurs de ce qui devrait être de la théologie, mais qui n’est qu’une philosophie, afin qu’ils aient la grâce de voir leur erreur, non pas dans une vérité isolée, mais dans leur point de vue imparfait de philosophes quand ils devraient prendre le point de vue théologique avec le point de vue de l’amour de Dieu requis dans l’ordre surnaturel qui consiste à mépriser dans le concret les créatures même permises afin d’acheter le ciel avec les créatures ou le récolter avec ces mêmes créatures… et donc en les sacrifiant pour l’amour de Dieu!  Que la sainte Vierge vienne en aide au clergé pour l’amour du bon Dieu!